Reduction Mammaire

Introduction

Une réduction mammaire est indiquée lorsque les seins sont trop volumineux par rapport à la morphologie de la patiente. Cette hypertrophie mammaire entraîne non seulement une gêne esthétique (buste disgracieux, difficulté pour se vêtir), mais aussi une gêne fonctionnelle (seins encombrants, difficultés dans la pratique du sport ou d’une activité professionnelle) et des douleurs (seins, nuque, dos, épaules). Souvent, les seins sont en plus ptosés (trop bas) et doivent être non seulement réduits, mais aussi remontés. Il n’est pas rare qu’une différence de volume significative soit présente entre les deux seins et que ceux-ci doivent être, en plus, symétrisés.

S’il existe des plaintes fonctionnelles (mal au dos, à la nuque, aux épaules, difficultés dans certains gestes de la vie courante), la réduction mammaire peut être prise en charge par la sécurité sociale moyennant un accord préalable du médecin-conseil.

Principes

La réduction mammaire consiste à enlever le volume mammaire en excès. Ce volume est constitué de glande, de graisse, et de peau. Comme de la peau doit être enlevée et que le mamelon doit être remonté, l’intervention laisse inévitablement des cicatrices autour des mamelons et des cicatrices verticales, s’étendant depuis les mamelons jusqu’aux plis sous-mammaires. Si l’hypertrophie est importante, des cicatrices supplémentaires dans les plis sous-mammaires sont nécessaires (cicatrice en « T » inversé). Le but de l’intervention est d’alléger et remonter les glandes mammaires, de repositionner et réduire les mamelons, de rendre du galbe aux seins, et de corriger une éventuelle asymétrie.

Une réduction mammaire est possible dès que les seins ont atteint leur développement complet, quelques années après la puberté, et jusqu’à un âge avancé, à condition que la patiente soit en bonne santé. Une grossesse, et même parfois un allaitement, sont possibles après l’intervention.

Une réduction mammaire n’augmente pas le risque de cancer du sein.

Avant l’intervention

Une mammographie est conseillée avant l’intervention, sauf chez les jeunes patientes. 

Huit jours avant l’intervention, il est recommandé d’éviter l’aspirine et les médicaments anti-inflammatoires qui augmentent les risques de saignement. De même, il est préférable d’arrêter de fumer, car le tabac ralentit la cicatrisation et augmente les risques de complication.

Une consultation préopératoire chez l’anesthésiste est le plus souvent nécessaire. Eventuellement, une prise de sang est réalisée.

On demande de ne rien boire ni manger durant six heures avant l’intervention. 

Une douche désinfectante à l’isobétadine savon est recommandée le soir et le matin avant l’intervention. Les aisselles doivent être rasées ou épilées.

Le chirurgien prend des photos préopératoires. Celles-ci permettront de comparer  la situation de départ avec le résultat postopératoire et d’apprécier l’amélioration obtenue .

Intervention

Anesthésie: l’intervention est réalisée sous anesthésie générale.

Hospitalisation: une réduction mammaire se fait le plus souvent au cours d’une hospitalisation de un ou deux jours.

Drains: dans de rares cas, si le saignement peropératoire est plus important que d’habitude, le chirurgien peut être obligé de placer un petit drain pour éliminer le sang qui risquerait de s’accumuler dans les seins.

Pansements: après l’intervention, des pansements et un soutien-gorge de maintien sont appliqués sur les seins.

Durée de l’intervention: l’intervention dure le plus souvent deux à trois heures en fonction du volume de la poitrine.

Analyse du prélèvement: la glande mammaire enlevée est analysée de façon systématique à la recherche d’éventuelles anomalies cellulaires.

Apres l’intervention

Les suites opératoires sont en général peu douloureuses. Des antidouleurs simples comme le paracétamol suffisent.

Des pansements sont laissés jusqu’à l’enlèvement des fils, deux semaines après l’intervention.

Un soutien-gorge de sport doit être porté jour et nuit durant les six semaines suivant l’intervention. Durant cette période, les efforts importants avec les bras sont déconseillés. Il est également recommandé de dormir sur le dos.

Un arrêt de travail de deux à six semaines est à prévoir en fonction de la profession de la patiente. De même, l’activité sportive est déconseillée durant six semaines après l’intervention.

Resultat

Le résultat définitif n’est atteint que plusieurs mois après l’intervention. La poitrine est plus en harmonie avec la silhouette de la patiente, plus symétrique, plus haute, plus jolie. Juste après l’intervention, les seins sont très haut placés et galbés dans leur partie supérieure (effet « push up ») mais cela ne dure pas. Après quelques semaines, les seins reprennent leur forme naturelle. Un sein naturel n’est jamais bombé dans sa partie supérieure. Seules des prothèses (augmentation mammaire) peuvent donner cette forme aux seins, mais si on réduit la poitrine, ce n’est en général pas pour y ajouter du volume !

L’amélioration ne concerne pas seulement l’aspect de la poitrine, mais aussi le confort de la patiente. L’activité sportive est facilitée, il est plus facile de s’habiller, les douleurs cervicales et dorsales sont diminuées, la patiente se sent mieux fonctionnellement et psychologiquement.

Une grossesse ultérieure est possible, mais il faut savoir que la poitrine peut « retomber » en raison des variations de volume inhérentes à la grossesse. De même, des fluctuations importantes de poids peuvent nuire à la stabilité du résultat.

Progressivement, les cicatrices pâlissent mais elles ne disparaissent jamais complètement. Elles peuvent rester rouges durant un à deux ans après la réduction.

Imperfections de resultat

Le plus souvent, le résultat est très satisfaisant mais il existe certaines limites à ce qu’il est possible de corriger.

La plupart des femmes ont des seins plus ou moins asymétriques (mamelons, forme, volume, hauteur des plis sous les seins). Ces petites asymétries ne peuvent pas toujours être entièrement corrigées.

Les cicatrices restent parfois plus visibles que souhaité.

Si nécessaire, de petites retouches peuvent être nécessaires pour améliorer un résultat jugé imparfait.

Néanmoins, les seins réduits continueront ensuite à subir les effets de l’âge et de la gravité et, en fonction de la qualité de l’enveloppe cutanée, des éventuelles fluctuations de poids, et des grossesses ultérieures, les seins pourront parfois se re-ptoser plus ou moins avec les années. Pour que le résultat dure le plus longtemps possible, il est conseillé de porter un soutien-gorge ou une brassière même la nuit, et d’éviter de dormir sur le ventre, ce qui écrase les seins.

Complications eventuelles

En pratique, la majorité des réductions mammaires réalisées dans les règles se déroulent sans incident et les patientes sont satisfaites du résultat obtenu. Les complications sont rares. Elles sont décrites ci-dessous:

  • Complications de l’anesthésie: elles sont très rares car les interventions de chirurgie plastique sont de manière générale planifiées à l’avance, dans un bloc opératoire répondant aux normes de sécurité, en présence d’un anesthésiste qualifié, et surtout, sur des patients en bonne santé. Le risque est donc largement inférieur à celui lié à une intervention urgente ou sur un patient malade.
  • Hématome: un saignement postopératoire est une complication rare qui se produit dans les heures ou les premiers jours après l’intervention. C’est pourquoi il est conseillé d’arrêter tout traitement ayant un effet anticoagulant (aspirine, anti-inflammatoires) huit jours avant l’intervention et de limiter les efforts avec les bras durant les jours suivant l’opération. Si vous avez déjà eu des saignements anormaux lors d’une intervention plus ancienne ou lors de vos règles, il faut prévenir votre chirurgien pour que votre coagulation puisse être contrôlée à l’avance et qu’un traitement préventif vous soit, le cas échéant, administré avant l’intervention.
  • Thrombophlébite: une thrombophlébite des membres inférieurs est une complication rare car des précautions maximales sont prises pour ce genre d’intervention : lever précoce, injections éventuelles d’anticoagulants postopératoires, port de bas antistase, éventuellement bottes gonflables peropératoires. L’arrêt préopératoire du tabac et de la pilule permettent de réduire le risque de thrombophlébite postopératoire.
  • Infection: rare après ce type d’intervention. Si nécessaire, elle peut être traitée par des antibiotiques.
  • Anomalies de la cicatrisation: il arrive que les cicatrices soient moins discrètes qu’espéré, qu’elles soient élargies, rétractées, hyperpigmentées, hypopigmentées, hypertrophiques, voire franchement chéloïdes.  Le risque de cicatrices élargies, hypertrophiques ou chéloïdes peut être réduit en portant durant six semaines à trois mois après l’intervention des pansements spéciaux sur les cicatrices. On ne peut cependant jamais donner de garantie absolue sur la qualité des cicatrices. Si nécessaire, des cicatrices disgracieuses peuvent être corrigées ultérieurement.
  • Trouble de la sensibilité: une diminution de la sensibilité des mamelons et de la peau des seins est fréquente et récupère partiellement dans les mois suivant l’intervention. Souvent, il persiste une diminution définitive ou, plus rarement, une augmentation de la sensibilité au niveau des mamelons. Cela est dû au fait que les mamelons doivent être déplacés (remontés) et cela est inévitable.
  • Retard de cicatrisation: il arrive que les cicatrices tardent à se refermer complètement. De petites plaies persistent alors le long des cicatrices, nécessitant l’application de pansements durant plusieurs semaines après l’intervention.  Cela se produit le plus souvent à l’intersection des cicatrices verticale et horizontale ou parfois juste sous les mamelons. Le tabac augmentant ce risque, il est recommandé d’arrêter de fumer un mois avant l’intervention.

Ces complications, heureusement rares, seront prises en charge par votre chirurgien. Un chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice a bénéficié d’une formation et a une expérience qui lui permettent de traiter les complications éventuelles pour restaurer dans la mesure du possible le résultat esthétique espéré.

Conclusion

La réduction mammaire permet non seulement de diminuer les plaintes fonctionnelles et les douleurs liées au volume et au poids des seins, mais aussi d’améliorer l’apparence de la poitrine et l’harmonie de la silhouette. Les seins sont plus petits, remontés, regalbés, symétrisés.

Lisez bien cette brochure et n’hésitez pas à reprendre contact avec votre chirurgien en cas de question éventuelle.

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