Nymphoplastie

Introduction

Une nymphoplastie est une intervention destinée à corriger des petites lèvres trop développées. Le fait que les petites lèvres se développent à la puberté est normal, et le fait qu’elles soient plus proéminentes et dépassent des grandes lèvres, devenant visibles en position debout chez certaines femmes, ne doit pas être considéré comme une malformation. Néanmoins, cela peut causer une gêne dans certains vêtements (jeans serrés), lors de la pratique de certaines activités (vélo, rapports sexuels), mais cela représente surtout une gêne esthétique et psychologique.

La mode de plus en plus répandue de l’épilation totale du bikini rend cette opération de nymphoplastie de plus en plus demandée, les petites lèvres n’étant dans ce cas plus camouflées par les poils pubiens.

Principes

Une nymphoplastie consiste donc à réduire la taille des petites lèvres de manière à limiter leur visibilité à travers la fente vulvaire. Le plus souvent, les petites lèvres sont légèrement asymétriques (la gauche étant plus développée que la droite), et se prolongent en avant par le « capuchon du clitoris » qui doit aussi, dans certains cas, être réduit.

Avant l’intervention

Huit jours avant l’intervention, il est recommandé d’éviter l’aspirine et les médicaments anti-inflammatoires qui augmentent les risques de saignement.  

L’intervention peut avoir lieu sous anesthésie locale ou générale. Si l’intervention est prévue sous anesthésie locale, la patiente reçoit juste avant l’intervention du paracétamol et un médicament relaxant pour que l’intervention s’effectue confortablement. Si l’intervention est prévue sous anesthésie générale, la patiente doit rester à jeun au moins six heures avant l’opération.

Il n’est pas nécessaire de se raser ni de s’épiler avant l’intervention.

Intervention

L’intervention se pratique en hospitalisation de jour. Elle dure de 30 minutes à une heure en fonction de l’importance de l’hypertrophie des petites lèvres.

En pratique, l’ intervention peut se faire de deux façons.

Dans une nymphectomie, la partie des petites lèvres qui dépasse est simplement excisée et le bord est suturé. Cette technique laisse une cicatrice le long du bord libre des petites lèvres qui manque parfois de naturel, puisque l’aspect délicatement plissé et pigmenté est remplacé par une cicatrice plus lisse et moins pigmentée.

Dans une nymphoplastie, une segment cunéiforme de petite lèvre est excisé et la petite lèvre est resuturée sur elle-même, ce qui permet de respecter l’aspect naturel du bord libre résiduel.

Apres l’intervention

Il n’y a pas de pansement. Une protection hygiénique doit être portée durant quelques jours, car les sutures peuvent très légèrement saigner. 

Les petites lèvres peuvent être gonflées et bleues durant quelques jours. La douleur est modérée. L’acidité de l’urine peut provoquer une brûlure lors de la miction. Si c’est le cas, le fait d’uriner sous la douche permet d’atténuer la douleur.

Il est conseillé de doucher régulièrement les parties intimes, surtout après avoir été aux toilettes, et d’appliquer une à deux fois par jour de l’isobétadine gynécologique.

Les fils se résorbent spontanément. On ne les enlève que si nécessaire, c’est-à-dire s’ils n’ont pas disparu après une dizaine de jours et provoquent des irritations.

Le gonflement disparait progressivement, ce qui fait que le résultat final n’est en général visible que six semaines après l’intervention.

Un arrêt de travail de quelques jours est à prévoir. Certains sports comme le vélo ou l’équitation doivent être évités pendant six semaines.

L’activité sexuelle doit être interrompue entre trois et six semaines.

Resultat

L’amélioration est visible directement après l’intervention, mais le résultat n’est définitif que six semaines après l’intervention, lorsque tout est bien dégonflé.

Les petites lèvres sont plus discrètes et la forme de la vulve est plus harmonieuse. Les irritations liées aux frottements dans certains vêtements disparaissent. L’amélioration esthétique amène un mieux-être psychologique certain. Les inhibitions liées à la gêne de paraître nue devant son partenaire disparaissent, ce qui permet une plus grande spontanéité dans la vie intime.

Imperfections de resultat

Dans certains cas, de petites imperfections peuvent subsister après une nymphoplastie.

Une petite « retouche » peut alors être proposée. On attend en général trois mois après l’intervention pour réaliser ces retouches car la plupart des imperfections s’améliorent spontanément endéans ce délai.

  • Un excès de volume résiduel, notamment au niveau du capuchon du clitoris. Il faut savoir qu’à ce niveau on ne peut pas toujours réséquer autant que souhaité, car il faut conserver cette protection naturelle du clitoris.
  • Une légère asymétrie, déjà présente avant l’intervention, peut persister après celle-ci et peut nécessiter un petit geste complémentaire.
  • Lorsqu’en plus de l’hypertrophie des petites lèvres, il existe une hypotrophie des grandes lèvres, c’est-à-dire que celles-ci sont trop peu développées, la nymphoplastie ne permet pas d’obtenir une couverture complète des petites lèvres. Celles-ci restent alors visibles entre les grandes lèvres. Dans ce cas, si la patiente le souhaite, du lipofilling (injection de graisse dans les grandes lèvres) peut être proposé.

Complications eventuelles

En pratique, la majorité des nymphoplasties réalisées dans les règles se déroulent sans incident et les patientes sont satisfaites du résultat obtenu. Les complications sont rares. Elles sont décrites ci-dessous:

  • Complications de l’anesthésie: elles sont très rares car les interventions de chirurgie plastique sont de manière générale planifiées à l’avance, dans un bloc opératoire répondant aux normes de sécurité, en présence d’un anesthésiste qualifié, et surtout, sur des patients en bonne santé. Le risque est donc largement inférieur à celui lié à une intervention urgente ou sur un patient malade.
  • Un saignement postopératoire exige rarement une réintervention.
  • Une infection survient très rarement et est en général traitée par des antibiotiques.
  • Un retard de cicatrisation peut occasionnellement survenir, ce qui retarde un peu l’évolution.
  • Une perte de sensibilité de la peau est toujours transitoire et récupère spontanément au cours des mois suivant l’intervention.

Ces complications, heureusement rares, seront prises en charge par votre chirurgien. Un chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice a bénéficié d’une formation et a une expérience qui lui permettent de traiter les complications éventuelles pour restaurer dans la mesure du possible le résultat esthétique espéré.

Conclusion

La nymphoplastie permet de corriger un petit défaut discret mais particulièrement gênant sur le plan fonctionnel et surtout psychologique.

Lisez bien cette brochure et n’hésitez pas à reprendre contact avec votre chirurgien en cas de question éventuelle.

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