Lipofilling

Introduction

Le lipofilling consiste à prélever de la graisse là où il y en a trop pour la réinjecter à d’autres endroits du corps.
Cette technique permet de remplir des joues creuses, de combler des plis comme les sillons naso-géniens ou les creux sous les yeux, de corriger des dépressions cicatricielles par exemple après des accidents, d’améliorer l’aspect de certaines reconstructions mammaires après cancer ou encore, dans certains cas, de rendre un peu plus de galbe aux seins.

Principes

Les régions où la graisse est prélevée sont les cuisses, les genoux et l’abdomen. La graisse peut ensuite être injectée dans toutes les parties du corps où elle est nécessaire. Néanmoins, la quantité de graisse qui peut être transférée de cette façon est limitée car si une trop grande quantité de graisse est injectée, une partie de cette graisse risque de ne pas recevoir suffisamment d’oxygène et de ne pas survivre. De manière générale, il est difficile de prévoir de façon certaine la quantité de graisse qui va “prendre”, c’est à dire qui va s’installer définitivement là où on l’a injectée, et il est parfois nécessaire de recommencer l’opération pour un résultat satisfaisant.

Au niveau des seins, on peut légèrement améliorer leur galbe, camoufler une prothèse, parfaire une reconstruction, mais on ne peut pas obtenir avec de la graisse seule le même résultat qu’avec des prothèses mammaires puisque le volume transféré est limité.

Le lipofilling n’est pas reconnu dans la nomenclature de l’INAMI et n’est donc en général pas remboursé par la mutuelle.

Avant l’intervention

Huit jours avant l’intervention, il est recommandé d’éviter l’aspirine et les médicaments anti-inflammatoires qui augmentent les risques de saignement. De même, il est préférable d’arrêter de fumer, car le tabac ralentit la cicatrisation et augmente les risques de complication.

Une consultation préopératoire chez l’anesthésiste est nécessaire en cas d’anesthésie générale. On demande alors aussi de ne rien boire ni manger durant six heures avant l’intervention. 

Le chirurgien prend des photos préopératoires. Celles-ci permettront de comparer  la situation de départ avec le résultat postopératoire et d’apprécier l’amélioration obtenue.

Intervention

Le plus souvent, l’intervention nécessite soit une anesthésie locale soit une anesthésie générale et est réalisée au cours d’une hospitalisation de jour. L’opération dure entre une et trois heures en fonction de l’importance  de la zone à traiter.

En pratique, de petites incisions sont faites, si possible dans des endroits discrets (ombilic, plis sous les fesses, aine…) et de fines canules sont introduites sous la peau pour y injecter du liquide physiologique, éventuellement additionné d’anesthésique local, dans le but de faciliter l’aspiration ultérieure de la graisse et de limiter la douleur. D’autres canules permettent ensuite de prélever la graisse.

La graisse est alors purifiée, c’est à dire qu’elle est soit centrifugée, soit lavée pour isoler les cellules graisseuses vivantes des cellules sanguines et des débris de cellules mortes. En moyenne, la partie valable, réinjectable de la graisse prélevée ne constitue que 25 à 50 pourcent de la quantité totale prélevée.

Après, les cellules graisseuses purifiées sont réinjectées aux endroits voulus.

Parfois, des fils de suture sont nécessaires pour refermer les incisions, mais parfois celles-ci sont si petites qu’un simple sparadrap suffit.

Apres l’intervention

Les suites opératoires sont en général peu douloureuses. Des antidouleurs simples comme le paracétamol suffisent. La douleur est surtout présente lors de certains mouvements qui “poussent” sur les hématomes : s’asseoir, se tourner dans le lit, etc.

Les zones traitées sont gonflées et portent en général des hématomes qui disparaissent après deux à trois semaines.

Les pansements sont laissés jusqu’à l’enlèvement des fils, une semaine après l’intervention, si des fils de suture ont dûs être utilisés. Sinon, ils sont simplement décollés après quatre à cinq jours.

Il est déconseillé de s’exposer au soleil durant six semaines après l’intervention.

Resultat

Le résultat définitif est visible trois mois après l’intervention.

A ce moment, on peut constater l’amélioration des contours de la zone ou des zones traitées. S’il s’agit d’un creux à combler, celui-ci sera moins profond. S’il s’agit des seins, leur forme sera améliorée. Au niveau du visage, les courbes seront plus douces et les contours rajeunis.

Imperfections de resultat

Comme la quantité de graisse que l’on peut transférer est limitée, et que cette graisse ne survit pas toujours entièrement, il est parfois nécessaire de répéter l’intervention pour obtenir un résultat satisfaisant. Une deuxième voire parfois une troisième séance de lipofilling peuvent donc être nécessaires. Ceci ne doit pas être considéré comme un échec mais comme une contrainte liée à la nature de l’intervention.

Dans d’autres cas, beaucoup plus rares, la quantité de graisse qui survit après le transfert est supérieure à ce que l’on espérait, provoquant un gonflement qui doit alors être réaspiré secondairement.

Si nécessaire, de petites retouches peuvent donc parfois être nécessaires pour améliorer un résultat jugé imparfait. Ces retouches sont réalisées au moins trois mois après l’intervention puisque le résultat définitif n’est visible qu’à ce moment.

Complications eventuelles

En pratique, la majorité des lipofillings réalisés dans les règles se déroulent sans incident et les patients sont satisfaits du résultat obtenu. Les complications sont rares. Elles sont décrites ci-dessous:

  • Complications de l’anesthésie: elles sont très rares car les interventions de chirurgie plastique sont de manière générale planifiées à l’avance, dans un bloc opératoire répondant aux normes de sécurité, en présence d’un anesthésiste qualifié, et surtout, sur des patients en bonne santé. Le risque est donc largement inférieur à celui lié à une intervention urgente ou sur un patient malade.   
  • Les hématomes sont habituels après ce type d’intervention et ne constituent donc pas une complication.
  • Un léger saignement postopératoire par une des petites cicatrices s’arrête facilement en comprimant la zone durant quelques minutes. Il est conseillé comme pour toute intervention chirurgicale d’arrêter tout traitement ayant un effet anticoagulant (aspirine, anti-inflammatoire) huit jours avant l’intervention. Si vous avez déjà eu des saignements anormaux lors d’une intervention plus ancienne ou lors de vos règles, il faut prévenir votre chirurgien pour que votre coagulation puisse être contrôlée à l’avance et qu’un traitement préventif vous soit, le cas échéant, administré avant l’intervention.
  • Infection. Très rare après ce type d’intervention. Si nécessaire, elle peut être traitée par des  antibiotiques.
  • Trouble de la sensibilité. Une diminution transitoire de la sensibilité de la peau récupère toujours dans les mois suivant l’intervention.
  • De petites irrégularités peuvent parfois apparaitre à l’endroit où la graisse a été prélevée, surtout si une grande quantité de graisse était nécessaire chez une personne mince. Ces petites irrégularités peuvent devoir faire l’objet d’une correction.

Ces complications, heureusement rares, seront prises en charge par votre chirurgien. Un chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice a bénéficié d’une formation et a une expérience qui lui permettent de traiter les complications éventuelles pour restaurer dans la mesure du possible le résultat esthétique espéré.

Conclusion

Le lipofilling permet d’utiliser la graisse du patient pour combler des creux inesthétiques ou pour donner du galbe à d’autres parties du corps du même patient. Cette technique permet d’améliorer l’aspect de certaines cicatrices, de donner un peu plus de galbe aux seins, de rajeunir le visage.

Lisez bien cette brochure et n’hésitez pas à reprendre contact avec votre chirurgien en cas de question éventuelle.

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