Augmentation Mammaire

Introduction

Une augmentation mammaire est indiquée en cas d’hypoplasie mammaire (seins trop petits). L’hypoplasie mammaire peut être réelle (absence de développement des glandes mammaires) ou elle peut être relative (seins “trouvés” trop petits, manque de galbe supérieur). Parfois, le problème est dû à une perte de poids ou fait suite aux grossesses et aux allaitements. Le manque de volume est parfois associé à une ptose (seins trop bas). Dans tous les cas, l’hypoplasie mammaire peut représenter un véritable complexe. La silhouette manque de féminité et certains vêtements ne se mettent pas bien ou sont simplement impossibles à porter.

Une augmentation mammaire consiste le plus souvent à introduire des prothèses derrière les seins. Plus rarement, si un petit volume est souhaité chez une patiente pas trop maigre, l’augmentation mammaire peut se faire en injectant de la graisse prélevée au niveau des cuisses ou de l’abdomen, mais le résultat sera toujours plus limité qu’avec des prothèses (voir brochure “lipofilling”).

Les protheses

Les prothèses sont constituées d’une enveloppe en silicone contenant soit du liquide physiologique, soit un gel de silicone. Les prothèses doivent aujourd’hui répondre à des normes strictes et ont fait de sérieux progrès au niveau de la solidité et de la qualité.

Prothèses en liquide physiologique

La paroi extérieure est toujours en silicone, mais est remplie d’eau salée (liquide physiologique). Comme le contenu est liquide, la consistance de ces prothèses est moins naturelle que les prothèses remplies de silicone et la durée de vie de ces prothèses est plus courte (écoulement du liquide physiologique en dehors de la prothèse).

Prothèses en silicone

Le plus souvent, les prothèses utilisées à l’heure actuelle sont remplies d’un gel de silicone compact, qui ne coule pas.

 Il existe deux formes de prothèses mammaires en silicone : ronde ou anatomique. Les prothèses rondes donnent des seins plus ronds, plus galbés en haut (effet “push-up”), tandis que les prothèses anatomiques donnent un résultat plus naturel. Les prothèses aussi bien rondes qu’anatomiques sont disponibles dans de nombreuses tailles (largeur, hauteur, épaisseur), ce qui permet de s’adapter à la morphologie de chaque patiente et, dans la mesure du possible, d’obtenir le résultat souhaité.

 

Avant l’intervention

Le choix des prothèses, des incisions, et de la position des prothèses par rapport aux muscles dépend de chaque patiente et des habitudes de chaque chirurgien.  Ce choix sera discuté lors des consultations préopératoires. 

La loi impose un minimum de deux consultations préopératoires afin que la patiente dispose d’un délai de réflexion. Cela permet aussi d’essayer à plusieurs reprises des prothèses d’essai de différents volumes (dans le soutien-gorge)et de faire le bon choix.

Pour pouvoir essayer les prothèses d’essai, il est utile de se munir d’un soutien-gorge non rembourré  (type soutien-gorge de sport) de la taille souhaitée, d’un T-shirt bien moulant, et éventuellement de photographies de seins dont le volume et /ou la forme vous plaisent. Il ne sera pas toujours possible de vous faire les mêmes seins que ceux souhaités car certaines caractéristiques ne peuvent pas être modifiées (écartement des seins, hauteur des plis sous-mammaires, etc…), mais ces photos permettent au chirurgien d’avoir une idée précise du résultat vers lequel il faut tendre.

Une mammographie est souvent réalisée avant l’intervention (sauf chez les jeunes patientes).

Il est conseillé d’arrêter de fumer avant l’intervention car le tabac nuit à la cicatrisation.  

Comme l’aspirine et les anti-inflammatoires ralentissent la coagulation et favorisent les saignements,  il est indispensable de les éviter durant les huit jours qui précèdent l’intervention.  

Une consultation préopératoire chez l’anesthésiste est le plus souvent nécessaire. Eventuellement, une prise de sang est réalisée.

Il faut rester à jeun (ne pas boire ni manger six heures avant l’opération) et si possible, prendre une douche désinfectante (isobétadine savon) le matin avant l’intervention.

Le chirurgien prend des photos préopératoires. Celles-ci permettront de comparer  la situation de départ avec le résultat postopératoire et d’apprécier l’amélioration obtenue .

Intervention

  • Anesthésie: le plus souvent, l’intervention est réalisée sous anesthésie générale. Dans certaines cliniques, les anesthésistes réalisent des “hypnosédations” qui permettent, en association avec une anesthésie locale,  de pratiquer l’opération confortablement sans anesthésie générale.

    Hospitalisation: une augmentation mammaire se fait le plus souvent en hopital de jour (opération le matin, retour l’après-midi).

    Incisions: soit sous les bras (rarement pratiqué), soit autour des mamelons, soit dans les plis sous les seins (le plus fréquent).  

    Le positionnement des prothèses: soit rétroglandulaire (derrière les seins), soit rétromusculaire (derrière les muscles situés derrière les seins). La position des prothèses varie selon les cas et est discutée à l’avance avec le chirurgien en fonction de la situation et du souhait de la patiente.

    Gestes associés: si nécessaire, une pexie mammaire peut être associée à la mise en place des implants (seins trop bas). Ceci implique des cicatrices supplémentaires (voir brochure “pexie mammaire”).

    Drains: dans de rares cas, si le saignement peropératoire est plus important que d’habitude, le chirurgien peut être obligé de placer un petit drain pour éliminer le sang qui risquerait de s’accumuler autour des prothèses.

    Pansements: après l’intervention, un pansement, un soutien-gorge de maintien et éventuellement une bande élastique sont placés sur la poitrine.

    Durée de l’intervention: l’intervention dure le plus souvent une petite heure, mais cette durée peut augmenter en fonction des cas (par exemple si les seins doivent aussi être remontés).

Apres l’intervention

Les seins restent gonflés durant les premières semaines. Ils portent parfois

des écchymoses.

La douleur varie en fonction du volume des prothèses et de leur position (plus douloureux derrière les muscles). Des antidouleurs adaptés sont prescrits après l’intervention.

Le pansement est changé en consultation après une semaine et les fils de suture sont ôtés après deux semaines.

Une dernière consultation de contrôle est prévue après six semaines. Entretemps, la patiente doit porter le soutien-gorge de maintien jour et nuit et, si nécessaire, le bandeau thoracique (bande élastique compressive). Ce bandeau thoracique sert à assurer la cicatrisation des prothèses en bonne position.

Il est conseillé de dormir sur le dos et d’éviter les efforts avec les bras durant six semaines après l’intervention.

Par la suite, la patiente peut reprendre une vie normale (activité sportive, dormir sur le ventre, etc…).

Les mammographies de dépistage de routine pourront être réalisées régulièrement comme chez les patientes sans implants.

Resultat

Le gonflement postopératoire disparait progressivement jusqu’à six semaines après l’opération. C’est donc à partir de ce moment que le résultat définitif peut être apprécié.

Le volume et la forme des seins sont améliorés. Les cicatrices sont souvent discrètes. La silhouette est améliorée, ce qui apporte une amélioration esthétique mais aussi psychologique (se sentir mieux dans sa peau, pouvoir mettre de la belle lingerie et s’habiller plus facilement).

Imperfections de resultat

Parfois, certaines imperfections persistent:

  • Si les seins sont au départ asymétriques (hauteur des mamelons, hauteur des plis sous les seins, forme), il n’est pas toujours possible de corriger cette asymétrie. Une augmentation mammaire permet d’améliorer le volume des seins, mais pas de corriger ces petites différences.
    • Les patientes peuvent parfois regretter un résultat trop ferme ou trop figé et les prothèses sont parfois un peu trop visibles. Des plis ou “vagues” peuvent être perceptibles sous la peau. Cela est le cas le plus souvent chez les patientes très minces, qui ont très peu de seins au départ (peu de place pour les prothèses) ou chez celles qui souhaitent un très gros volume.

Le chirurgien essayera dès le départ de vous guider dans votre choix et de vous expliquer les limites de l’intervention pour que vous puissiez vous faire une idée réaliste du résultat auquel vous pouvez vous attendre.

Tout comme des seins naturels,  les seins augmentés sont soumis aux effets du temps et de la gravité et, en fonction de l’âge, de la qualité de la peau, des fluctuations de poids  et du volume des prothèses, les seins auront tendance à vieillir naturellement.

Questions frequentes

  • Durée de vie des implants: la durée de vie des implants n’est pas connue de façon précise. Certaines patientes portent des prothèses depuis plus de vingt ans, alors que d’autres doivent les faire remplacer plus rapidement. La plupart des firmes parlent d’une garantie « à vie » sur les prothèses. Cela ne signifie pas que les prothèses ne devront jamais être remplacées durant la vie de la patiente, mais bien que la firme s’engage à fournir de nouvelles prothèses si nécessaire, et ceci, à condition bien entendu que la firme elle-même existe toujours à ce moment-là ! Il est donc important d’utiliser des prothèses de firmes sérieuses et bien implantées sur le marché.

    Les prothèses utilisées à l’heure actuelle ont fait de grands progrès au niveau de la fiabilité (prothèses en silicone “cohésif”, non liquide) mais il arrive néanmoins parfois qu’un ou que les deux implants doivent être remplacés, sans qu’une cause précise ne puisse être détectée . Aucune garantie formelle ne peut donc être donnée sur la durée de vie des implants mammaires puisqu’il s’agit de matériel implanté dans un corps vivant et qui est soumis à des forces extérieures variables d’une personne à l’autre.

    Age: une augmentation mammaire est possible à partir de l’âge de 18 ans. Parfois, en cas de malformation mammaire (absence d’un sein ou seins tubéreux), l’opération peut être réalisée plus tôt.

    Remboursement: dans le cas d’une reconstruction mammaire (cancer du sein, absence congénitale d’un sein ou seins tubéreux), les prothèses mammaires peuvent faire l’objet d’un remboursement par la sécurité sociale. Dans tous les autres cas (même après un amaigrissement ou une grossesse), l’intervention est considérée comme purement esthétique.

    Grossesse et allaitement: il est possible d’allaiter après une augmentation mammaire, sans risque pour la patiente ni pour le bébé. 

    Cancer du sein: les études ont montré qu’il n’existait pas de risque accru de cancer du sein après une augmentation mammaire. Les mammographies sont un peu plus difficiles à réaliser mais, en cas de doute, d’autres examens peuvent être proposés (échographie, IRM).

Complications eventuelles

En pratique, la majorité des augmentations mammaires réalisées dans les règles se déroulent sans incident et les patientes sont satisfaites du résultat obtenu. Les complications sont rares. Elles sont décrites ci-dessous:

  • Complications de l’anesthésie: elles sont très rares car les interventions de chirurgie plastique sont de manière générale planifiées à l’avance, dans un bloc opératoire répondant aux normes de sécurité, en présence d’un anesthésiste qualifié, et surtout, sur des patientes en bonne santé. Le risque est donc largement inférieur à celui lié à une intervention urgente ou sur un patient malade.
  • Hématome: un saignement postopératoire est une complication très rare qui se produit dans les heures ou les premiers jours après l’intervention. C’est pourquoi il est conseillé d’arrêter tout traitement ayant un effet anticoagulant (aspirine, anti-inflammatoire) huit jours avant l’intervention et de limiter les efforts avec les bras durant les jours suivant l’opération. Si vous avez déjà eu des saignements anormaux lors d’une intervention plus ancienne ou lors de vos règles, il faut prévenir votre chirurgien pour que votre coagulation puisse être contrôlée à l’avance et qu’un traitement préventif vous soit, le cas échéant, administré avant l’intervention.
  • Infection: très rare après ce type d’intervention. Si nécessaire, elle peut être traitée par un traitement antibiotique. Dans des cas rarissimes, une prothèse infectée doit être enlevée le temps de traiter l’infection, puis replacée secondairement.
  • Anomalies de la cicatrisation: il arrive que les cicatrices soient moins discrètes qu’espéré, qu’elles soient élargies, rétractées, hyperpigmentées, hypopigmentées, hypertrophiques, voire franchement chéloïdes.  Le risque de cicatrices élargies, hypertrophiques ou chéloïdes peut être réduit en portant des pansements spéciaux sur les cicatrices durant six semaines à trois mois après l’intervention. On ne peut cependant jamais donner de garantie absolue sur la qualité des cicatrices. Si nécessaire, des cicatrices disgracieuses peuvent être corrigées ultérieurement.
  • Trouble de la sensibilité: une diminution de la sensibilité des mamelons et de la peau des seins est fréquente mais récupère souvent dans les mois suivant l’intervention. Rarement, il persiste une diminution définitive ou, plus rarement, une augmentation de la sensibilité au niveau des mamelons.
  • Retard de cicatrisation: il arrive que les cicatrices tardent à se refermer complètement. De petites plaies persistent alors le long des cicatrices, nécessitant l’application de pansements durant plusieurs semaines après l’intervention. Le tabac augmentant ce risque, il est recommandé d’arrêter de fumer un mois avant l’intervention.
  • Sérome: une accumulation de liquide autour des prothèses peut parfois survenir. Ce problème disparait le plus souvent spontanément.
  • Capsule: une capsule est une cicatrice dure qui se forme dans le sein autour de la prothèse. Cette capsule rend le sein progressivement plus ferme et va parfois jusqu’à déformer le sein qui devient plus rond et plus haut. Il faut alors intervenir pour enlever la capsule. Les prothèses actuelles ont une surface “texturée” (irrégulière), ce qui réduit le risque de capsule, sans le supprimer complètement.
  • Rupture: nous avons déjà évoqué la durée de vie variable des implants. Une rupture est parfois découverte par hasard lors d’une mammographie de routine. La rupture des prothèses provoque à la longue la formation d’une capsule dure qui déforme la prothèse.  La silicone reste en général enfermée dans cette capsule. Ce n’est qu’après une longue période que la silicone peut sortir de la capsule pour provoquer la formation de « siliconomes », petits nodules cicatriciels durs dans le sein ou l’aisselle. Hormis ces siliconomes, il n’y a pas d’impact sur l’état de santé général de la patiente. Néanmoins, une prothèse rompue doit , bien sûr, être remplacée.
  • Déplacement: les prothèses peuvent (rarement) se déplacer, par exemple une prothèse anatomique peut tourner sur elle-même ce qui entraîne une modification de la forme du sein. Le port d’un bandeau thoracique (bande élastique) durant les semaines qui suivent l’intervention permet de diminuer le risque de rotation ultérieure des prothèses.
  • ALCL: récemment, on a mis en évidence une tumeur lymphatique très rare (ALCL) et peu agressive qui se développerait autour de certains types de prothèses mammaires. Des études sont en cours pour trouver l’origine de ces lésions beaucoup plus rares que les cancers du sein (1/3.000.000 de patientes) et moins graves (guérison complète habituelle après simple exérèse de la prothèse et de son enveloppe).

Ces complications, heureusement rares, seront prises en charge par votre chirurgien. Un chirurgien spécialiste en chirurgie plastique, esthétique et reconstructrice a bénéficié d’une formation et a une expérience qui lui permettent de traiter les complications éventuelles pour restaurer dans la mesure du possible le résultat esthétique espéré.

Conclusion

L’augmentation mammaire permet d’améliorer l’apparence de la poitrine, qui est regalbée, plus ferme, plus généreuse, plus jolie. La silhouette est plus féminine et mieux proportionnée.

Lisez bien cette brochure et n’hésitez pas à reprendre contact avec votre chirurgien en cas de question éventuelle.

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